Les petits potins d'Alphonse

 Dictée « loufoco-logique » 2017 

de l’Association des Amis d’Alphonse Allais 

« La Crémaillère 1900 »  -  Samedi 18 novembre 

La petite bande des cinés 


       Quoique étant arrivées à un âge où les fards bretons extraits d’algues au rythme des marées et où les onguents les plus raffinés ne peuvent plus grand-chose pour les vieilles dames à rides prononcées et aux cheveux devenus d’une canitie immaculée, ces trois pétulantes Montmartroises à l’alacrité inaltérable n’engendrent pas la mélancolie ! 

      Tous les samedis matin, elles se retrouvent, à dix heures et demie, chez un commerçant natif d’Amsterdam  –  un Amstellodamois, donc  –,  venu s’installer non loin de la place du Tertre dans les années quatre-vingt. Ce soi-disant marchand devin leur débite alors à titre amical, avec une emphase déjantée et drolatique, ses prédictions pour la semaine à venir. Pour cela, il déchiffre le proche destin de chacune dans une décoction exclusivement de feuilles de verveine, de badiane, voire de sauge, car, selon lui, les tilleuls mentent. Prudent et retors, ce faux mage de Hollande délivre, telles les pythies, des oracles sibyllins !   

     D’un abord amène, comme tous les margoulins et les démagogues, ce quincaillier avéré spécialiste ès clous, crochets et vis, entre autres, a fait de  son immense magasin une vraie caverne d’Ali Baba pour les bricoleurs de l’arrondissement, où circulent sans se presser nombre de matous. C’est donc dans ce capharnaüm où passent les chats lents au milieu des clients que, tous les midis, prenant la pause, il a exploité  –  et continue d’exploiter  –  le filon consistant à prédire aux nunuches qui l’ont consulté ce qu’elles souhaitaient qu’il leur dît.

     …  Après avoir enregistré sans bourse délier les bobards du cartomancien, nos trois amies enchaînent, dans un beau bar voisin, par leur traditionnel verre solidaire : un galopin de sauternes bien frais. Depuis longtemps, pour elles, les demis pression sont bannis, le pastis tricard et la Vittel honnie. À la table d’à côté, un mec en est au whisky  –  c’est du rye  –, et la nana au kirsch… 

      Fans de bandes des cinés, elles se ruent ensuite vers leur brasserie préférée, non pas pour y engloutir, tout de même, des steaks dare-dare, mais afin d’y déguster presque en cinq sec, hélas, des soles meunière sans entraîner pour autant de maux d’estomac ni de drames des chyles, encore moins une trop fidèle gastro. 

     Avec ces séances à treize heures tapantes, faire une cure de ciné n’est vraiment pas une sinécure !

©  Jean-Pierre Colignon, novembre 2017.





Un point toujours d'actualité : L'impôt sur le revenu.

 

Le simple bon sens, la justice exige l'impôt sur le revenu.
En théorie cette taxe ne saurait supporter la moindre discussion.
La pratique seule offre mille obstacles qui font hésiter les plus résolus.
Alors comment résoudre le délicat problème de la fraude à la déclaration de revenu ?

En 1901, dans Le Sourire, Alphonse Allais propose cette solution :

- « Contraindre, par une loi, toutes les familles françaises à sortir chaque soir dans des boites portant des numéros correspondant à chacune d'elles, les détritus de leur ménage. De temps en temps et sans que jamais on ne soit prévenu de la date de leur passage, des employés du fisc passeraient munis d'un objectif de nuit et photographieront, après les avoir éparpillées sur le sol, les dites ordures. Les impôts seront établis par une commission spéciale, sur un ensemble de ces épreuves.

Ici des cosses de petits pois nouveaux, queues d'asperges, boîtes de conserves Fauchon, plumes de canetons ou de dindonneaux, écailles d'huîtres, etc., etc. Tiens, feront les employés du fisc, voilà des gaillards qui se nourrissent bien !


Plus loin, épluchures de pommes de terre, queues pestilentielles de morue, pauvres boites de sardines dont l'huile est torchée jusqu'à la corde, etc., etc. La purée quoi ! 

Est-ce que ces observations ne nous disent pas plus long que de minutieuses enquêtes ? Et n'est-ce pas là le signe le plus certain de richesse, d'aisance ou de misère chez le contribuable ?
»

L'idée de Monsieur Allais a du bon, évidemment, mais alors comment taxer ceux qui mangent au restaurant ?

                                      Madame X.Y .Z. ou plus simplement Madame Xaviera Yturbide Zavacco.








En 1887 Alphonse Allais écrivait:

"Il faut prendre de l'argent aux pauvres. D'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent. Mais il y a beaucoup de pauvres."

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